Indignations ordinaires

Dimanche 2 août 2009 7 02 /08 /Août /2009 08:35
L'été c'est le retour, dans le sud de notre pays, en Espagne et dans d'autres lieux aussi, de ces spectacles barbares que l'on appelle les corridas... L'idée même que l'on se réunisse dans un lieu précis pour assister à la torture et à la mise à mort d'un animal m'est INSUPPORTABLE...

J'ai cherché longuement un document qui, sans faire dans le sensationnel, dise les choses de manière claire, juste afin d'avoir une idée de ce qu'endure l'animal... Cette vidéo m'a paru correspondre à ce que je cherchais car elle montre d'autre part,en s'appuyant sur l'opinion de personnes comme Hugo, Zola ou Marguerite Yourcenar, que cette pratique barbare doit cesser.



Je tiens aussi à vous proposer ces mots de Jean BOUSQUET, ex-maire de Nîmes, qui dans un artile de presse résumait ainsi sa vision de la corrida :

" Libres sont ceux qui refusent la corrida.

Libres doivent être ceux qu’elle passionne.

Très attentivement, très jalousement, ici aussi bien que pour d’autres enjeux, que chacun respecte le libre arbitre d’autrui.

Personne mieux que leurs éleveurs n’aime autant les tauros. Personne mieux que les toreros ne les comprend. Personne mieux que les amateurs de corrida ne les respecte."

A vous de juger...

Par Antine@ - Publié dans : Indignations ordinaires - Communauté : des maux pour le dire
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Samedi 4 juillet 2009 6 04 /07 /Juil /2009 07:20


         De puis déjà des pages que je vous narre par le menu mes indignations, mes refus, mes haines aussi ; depuis quelques kilomètres de ruban carboné que je jette à vos regards avides les échos sombres de mes bouillonnements intérieurs, le moment est venu de récapituler. Je n'aime pas les chasseurs, qu'ils sachent ou non chasser sans leurs chiens, je hais les logorrhées insipides des douairières ventripotentes, j'abhorre ces fleurons de l'Audimat que sont les émissions de variétés invariables et avariées, je déteste les connes impubères qui pavoisent à l'antenne des radios, j'exècre les verdâtres uniformes et les têtes de bois qui les habitent et j'abomine en vrac les fêtes de famille du calendrier judéo-crétin, les doses de bonne conscience télévisuelle pour racheter l'hémoglobine des infos quotidiennes, les supporters insupportables, les tyrans, les pubs ringardes des cuistres lessiviers et ma voisine parce qu'elle n'a pas encore compris que je me foutais éperdument des résultats scolaires de la larve braillante et sautillante qu'elle appelle : " Ma fifille!"

         Cependant, au hit-parade des inutilités qui encombrent notre univers quotidien, il est une profession qui tient une place de choix. Ne vous est-il point arrivé, au cours d'une citadine déambulation destinée à polluer un peu vos poumons encrassés par ce bon air campagnard où le pestilentiel ensilage le dispute aux miasmes nauséabonds des purins domestiques, de poser vos regards sur de telles enseignes : INSTITUT DE BEAUTE - CENTRE DE COSMETIQUE ET D'ESTHETIQUE - INSTITUT DE BIOCOSMETOLOGIE... j'en passe et des meilleures. Derrière ces titres ronflants, opèrent des minettes emperlousées aux papattes manucurées de frais. Elles traquent le comédon mutin qui s'incruste subrepticement sous l'épiderme ripoliné des grognasses désœuvrées, tentent de redonner quelque éclat aux mufles avachis des reines-mères ménopausées, massent désespérément des poitrines flasques plus ravagées qu'un champ de rutabagas après la bataille de la Marne, triturent, malaxent, pétrissent, massent, brassent, tripatouillent, tripotent, trifouillent, pelotent, tapotent, pincent, étirent et frottent des abdomens cellulitiques, des hanches grassouillettes, des arrières-trains adipeux, des cuisses replètes, des triples mentons pansus, des chutes de reins tombées au trente-sixième dessous et des monceaux de tissus cutanés, des arpents d'épidermes en cours de désintégration.

         Non contentes d'officier dans le sauvetage des ruines non classées au répertoire des calamités en voie de disparition, les minettes embagouzées fleurant bon les senteurs vertes du bloc Purodor des chiottes de la gare de Montauban, rivalisent d'incompétence pour conseiller à leurs clientes la crème du soir aux extraits d'algues emazoutées du Finistère-Nord, le masque relaxant à l'argile irradiée des bourbiers tourangeaux, le fluide hydratant aux liposomes actifs et autres cochonneries en tubes, en flacons, en pots, en bouteilles, qui doivent, en principe, refaire ce que le temps, dans son opiniâtre course, a défait. Ces vendeuses de vent ont pignon sur rue, des salons au look clean et des devantures où quelques mannequins, vautrés sur papier glacé au soleil artificiel et factice des publicitaires arnaqueurs, racolent les connes de tous poils qui maquillent d'inutilité les abîmes insondables de leurs vides cérébraux. Tout est bon pour racoler. Toutes les promesses à faire pâlir de jalousie les plus vieux cuistres politicards sont utilisées afin de faire acheter de quoi raffermir les couennes des connes et de vider les porte-monnaie. Grâce à la lotion Machin, en deux ans de massages quotidiens, vous rajeunissez d'une heure ; les liposomes fureteurs du baume Truc rendent à vos seins une fermeté qui attirera l'œil de l'obsédé moyen qui bande devant les modèles du catalogue d'une grande firme roubaisienne et, quelques noisettes du gel Chose appliquées judicieusement sur vos bourrelets disgracieux vous rendront une taille à faire pâlir les vamps des salles obscures.

         Mesdames, vous n'êtes pas raisonnables! Comment pouvez croire à de telles fadaises? Que n'êtes vous assez fines pour débusquer le coup fourré derrière ces baratins pseudo-scientifico-médicaux ? Doutez-vous à ce point de vos charmes pour vous laisser abuser par ce racolage mercantile ? Pourtant, vous étiez prévenues. Vous qui regardez les magazines de mode où s'affichent les stars du cinéma et de la chanson, vous n'êtes pas pardonnables de vous faire ainsi gruger. Enfin quoi, quand vous voyez la gueule de Régine, ça vous donne vraiment envie de tenter un lifting ? Vous avez envie de vous retrouver avec des joues en peau de coude et des paupières en capote de fiacre ? Quand vous apercevez Liz Taylor ou Gloria Lasso à la une d'une feuille de chou, vous avez encore envie de vous maquiller ? Et puis d'abord, à quoi ça sert ? A moins que vous ne vous prépariez pour séduire les descendants de la dynastie Bol de riz quand il déferleront sur nos campagnes. Dans un œuf, c'est bien connu, avant de manger le jaune, il faut d'abord avoir le blanc.

Par Antine@ - Publié dans : Indignations ordinaires - Communauté : A fleur de peau
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Samedi 18 avril 2009 6 18 /04 /Avr /2009 07:26

             Poussez doucement la porte, installez-vous et regardez... Ils n'ont pas l'air et pourtant si... Ils travaillent...Le spectacle vaut son pesant de cacahuètes... Sur la gauche, au deuxième rang un porc-épic blond essaie de tracer un tableau avec sa règle. On dirait une poule qui vient de trouver un peigne et qui se demande ce qu'elle va faire avec ce truc. Il tourne et retourne sa feuille et, du coin de l'œil, je guette le moment où il va faire un gros pâté sur sa feuille...Il prend la chose jadis transparente mais aujourd'hui plus taguée que les parois d'un train de banlieue et la retourne plusieurs fois, se rendant compte que les graffitis l'empêchent de lire les graduations. En toute logique, il procède donc au nettoyage de la chose à l'aide d'une pointe de compas... Il va bien y passer l'heure... Derrière lui un étrange duo : le crabe dormeur et la mouche fly-toxée... Si, si... Un genre de Pierrot lunaire tout droit sorti d'une autre planète et qui regarde le tableau d'un air étonné avec, à côté de lui, une mouche agitée, brune, qui a déjà changé quatorze fois de positions depuis le début de cette chronique. Derrière, seul à sa table, l'ahuri de service... « Allô, la Lune ? Ici la Terre... » Il vient déjà de me poser quatre questions auxquelles j'avais répondu durant l'explication du travail et, la crête collée au gel Dop, se demande comment il va venir à bout du travail. Et voilà ! Il vient de faire tomber sa trousse et de répandre sur le sol de quoi ravitailler la papeterie voisine pour deux années scolaires. Je suis stupéfait par tout le matos dont ils ont besoin pour ne rien foutre ! Non, vous ne rêvez pas, ce n'est pas un zoo, simplement une classe de sixième ordinaire d'un collège ordinaire... Au milieu de la classe le groupe des pies... Une bande de souris à lunettes très mignonnes mais que les parents ont du vacciner avec l'aiguille d'un vieux phonographe. Elles jacassent sans cesse et me regardent en souriant... Heureusement que ce sont de bonnes élèves sinon je leur ferais plus souvent des remarques...

            Au centre, le présentoir de Castorama dont quelques lointains ancêtres doivent être issus de croisements hasardeux entre les descendants de l'homo sapiens et des représentants de la famille des castoridés. Il est en train de ronger un stylo qui ressemble à une vieille chique délavée... Apparemment il trouve ça bon... Dommage que nous ne soyons pas fin juin... On aurait pu le mettre dans un cerisier... Avec toutes ses breloques qui brillent, au moins ils aurait fait peur aux oiseaux et aurait perdu, pour quelques temps son statut d'inutilité publique...

            Je pourrais continuer à vous dépeindre la galerie de portraits des vingt-cinq élèves mais ce serait sans intérêt...L'essentiel était pour moi de vous faire sourire avec ce que j'ai sous les yeux... Je vous abandonne quelques instants... Je vais passer dans les rangs voir comment ils s'en sortent...

            Je viens d'expliquer des trucs et la bande de joyeux bouffons est en train de recopier ce qui est au tableau... Info de dernière minute : histoire d'avoir l'air encore plus niais, le présentoir de Castorama, pendant que j'écrivais au tableau s'est barbouillé toutes les phalanges avec du blanco correcteur et a ensuite colorié le tout avec des fluos de couleurs différentes...  C'est du plus bel effet... Manquerait plus que ça se mette à clignoter... A mon avis, celui-là, à part une plume là où je pense, je vois pas trop ce qui lui manque.

            Ce ne sont que quelques instantanés, quelques images volées à la vie d'une classe où vingt-cinq élèves vivent quotidiennement et semblent même assez heureux... Après tout, comme disait l'éminent Albert Einstein : « L'école devrait toujours avoir pour but de donner à ses élèves une personnalité harmonieuse, et non de les former en spécialiste. »

Par Antine@ - Publié dans : Indignations ordinaires - Communauté : GALERIE DES LETTRES
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Mercredi 8 avril 2009 3 08 /04 /Avr /2009 04:53

          

          Cet après-midi le thème de la causerie à laquelle nous sommes conviés porte sur l'évaluation, vocable très à la mode dans les sphères pensantes de la science pédagogique. En effet, on se rend compte que beaucoup de formations dispensées aux enseignants sont onéreuses et inefficaces. Il est donc plus que temps d'évaluer tout ça de façon à établir une adéquation la plus étroite possible entre l'offre et la demande, ça c'est le motif officiel, de manière à voir où passent les sous, ça c'est la réalité bassement matérielle du marché.

          Il faut devenir des « praticiens réflexifs »... Voilà vingt minutes que le monsieur qui sait tout sur l'évaluation nous tartine avec ce qu'il sait - ou qu'il fait semblant de savoir - lui qui est nourri aux mamelles des dernières recherches universitaires en matière d'évaluation. Il ne manque d'ailleurs pas de nous évoquer les grands pontes auprès desquels il a été formé. Après quoi, il ajoute, péremptoire, que le formateur ne va pas « réguler les processus » mais qu'il va au contraire « réguler les conditions nécessaires à la mise en branle des processus ». Je rêve ou on touche le fond ! En attendant le monsieur, lui, il se branle le cortex et commence à nous les briser menu avec ses discours à la con.

          Une des participantes souligne que les savoir-être sont toujours difficilement évaluables. Le monsieur abonde dans son sens mais précise qu'on peut quand même les évaluer dans ce sens où « l'évaluation se définit comme des rapports aux valeurs ». La dame la opine du chef, ce qui après la mise en branle du processus est, convenez-en, la moindre des choses.

          La discussion s'enlise et on en arrive à dire que trop d'enseignants se débrouillent pour éviter les formations ce qui nuit au service des élèves. Certes, il est des enseignants qui ronronnent dans leur coin mais là, en entendant parler ces donneurs de leçons, ces Pic de La Mirandole des discours officiels, comment ne pas comprendre ceux qui refusent ce genre de formations. Alors, tels des chiens sur une charogne, certains autour de la table raillent ces collègues frileux « qui refusent de se mettre en danger pour ne pas évoluer », souvent par manque de volonté... Ces collègues dont la seule ambition est d'atteindre l'échelon ultime de la grille des salaires en restant peinards dans leur classe au fin fond de leur campagne. Quel manque de discernement ! Ce ne sont pas des collègues frileux qui fuient les offres de formation ! Ce sont des gens lucides, au discernement affûté qui ont très vite débusqué le néant sous les oripeaux de la science pédagogique, la vacuité du raisonnement sous le vernis trompe-l'œil du vocabulaire pseudo-spécialisé.

          Mais de qui se moque-t-on ? Comment peuvent-ils, sans avoir honte, proférer de telles inepties en ayant l'air de dévoiler quelques pans d'un savoir caché. « Au risque de paraître provocateur, ajoute l'homme de science, l'évaluation comporte une part de dévaluation. » Qu'il se rassure : il est loin de passer pour un provocateur mais simplement pour un con. Il manie avec une certaine aisance des concepts fumeux, un vocabulaire ésotérique mais commence à nous fatiguer avec son jargon insipide et pire, pédagogiquement inefficace.

          A un collègue qui s'inquiète de savoir ce que ça donne au niveau de l'élève, le monsieur je-sais-tout affirme sans sourciller : « Je vais être brutal mais à la limite en tant que formateur, on n'a pas à s'en soucier sinon on retourne dans le vieux schéma selon lequel la formation devrait avoir un effet mécanique linéaire. » Et bien voilà ! On y est ! On touche le fond ! On forme des enseignants mais on n'en a rien à foutre de ce que ça donne au niveau des élèves. L'aveu est cruel mais il est là. Est-il dès lors étonnant de chercher les causes de la chienlit actuelle ?

          En fait, plus la discussion se prolonge et plus je vois venir ce que je subodorais depuis le début : il faut absolument éviter les évaluations qui feraient apparaître un éventuel mécontentement des enseignants.

          Et, afin d'asseoir son propos, afin de nous convaincre au cas où nous aurions encore des doutes, l'encyclopédie évaluationnelle sur pattes qui nous gave de ses propos termine par cette phrase : « Pour cela, il faudrait que les chefs d'établissement partagent notre culture de l'évaluation. »

Finalement la pensée du monsieur est assez simple à résumer : ce qui ne va pas c'est que certains enseignants qui se soucient encore de leurs élèves et les chefs d'établissement qui le plus souvent les y encouragent font de la résistance et refusent d'adhérer à toutes ces conneries car ils ont, depuis longtemps, compris - mais sans doute leur évaluation est-elle erronée, si l'on en croit le spécialiste - que ce qu'il conviendrait d'évaluer c'est le pouvoir de nuisance et le degré d'inutilité de ce genre de gougnafier.

Par Antine@ - Publié dans : Indignations ordinaires - Communauté : A fleur de peau
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Mardi 7 avril 2009 2 07 /04 /Avr /2009 05:15

           

             Ce matin-là, les élèves étaient en train de se creuser les méninges sur quelques questions à propos d'un texte de Flaubert. Une vraie galerie de portraits. Il y avait la petite blonde du premier rang qui tirait sur ses couettes pour faire fonctionner sa cervelle ; à côté d'elle la studieuse anxieuse qui fouillait dans sa trousse, mordillait son crayon, plantait ses ongles dans sa gomme en suçant son pendentif. Plus loin, près de la fenêtre et, comme par hasard du radiateur, le rasta avec son bandeau jamaïcain. Il regardait le livre avec un air étonné soit parce qu'il ne l'avait pas complètement lu, soit parce qu'il avait du mal à émerger des nébuleuses psychiques où l'avait plongé le pétard fumé avant de rentrer en classe. Au premier rang, dans la diagonale opposé du rasta, le fou : dehors le thermomètre affichait 5° au dessous de zéro et monsieur était en T-shirt,  manches courtes, pantalon de survêtement retroussé au genou, pieds nus dans des baskets. Les autres se marraient, eux qui avaient sorti les anoraks, les bonnets, les écharpes, voire les après-skis pour certaines filles. Celles-là il faudrait les condamner pour détention et usage abusif de panoplie !

            Au fond, tout au fond, le couple de présentoirs de quincaillerie se regardait dans le blanc des yeux. Rangée de boucles d'oreille, piercing à l'arcade, au nez et au menton pour monsieur ; boucles d'oreille, piercing aux deux narines,  à la langue, et au menton pour madame. Il ne manquait que quelques vis, quelques boulons et autres rondelles pour ouvrir une succursale de Castorama !

            Quelques heures plus tard, un appel de détresse déchira l'approximation de silence qui s'était péniblement installée : « Mon stylo vert i' bave... Comment je fais ? » Pas de doute on était bien au pays des nains de jardin, tout droit sortis de leur bac à sable. Celui qui venait de demander ça, sous l'œil amusé et moqueur des deux puces à roulettes qui étaient derrière lui, était une espèce d'ectoplasme blafard qui ne disposait pas de la lumière à tous les étages. En plus, comme il machouillait son crayon avec frénésie - indice qui montrait de manière évidente que les castors étaient intervenus quelque part dans son patrimoine génétique - il avait de l'encre sur la langue, sur les lèvres, sur les doigts... Dommage qu'il n'ait pas été plus grand, il aurait pu faire de la pub pour le maïs Géant Vert... !  Le gnôme vert fut donc invité à quelques ablutions afin de retrouver sa couleur naturelle, une sorte de blanc cassé, quelque part entre l'endive et le navet... Aïe ! Il revint quelques minutes plus tard avec les pattes aussi sales qu'auparavant et de son air ahuri annonça : « J'ai pas pu me laver le savon i' marchait pas. »

            Le calme régnait à nouveau, mais c'était sans compter sur un nouvel exploit du blaireau dévoreur de stylos qui fuient : en essayant de changer la cartouche d'encre de son stylo à plume, il venait d'éclater la cartouche qu'il essayait de pousser avec la pointe de son compas... Table, feuilles, trousse furent envahies d'une marée bleue du plus bel effet... En plus d'un cerveau, celui-là, à la prochaine braderie va falloir qu'il essaie de s'acheter des mains...

            Non contents de faire dans la couleur, quelques énergumènes de la faune locale, officièrent peu après dans le sonore. Avec fracas, on assista alors à la chute d'une trousse qui, béante, répandit sur le sol un stock hétéroclite susceptible de permettre à son propriétaire de monter une succursale de la papeterie voisine. Il était hallucinant de constater à quel point l'efficacité au travail du propriétaire était inversement proportionnelle à la quantité de matos contenue dans la sus-dite trousse. A ce bruit vint s'ajouter celui de la chute d'un des locataires du fond qui, suite à une rupture soudaine des soudures de sa chaise qu'il utilisait comme une balançoire,  venait de rejoindre le sol déclenchant l'hilarité de ses congénères... Le calme revint au bout de quelques minutes, le travail reprit mais le soulagement du maître des lieux fut de bien courte durée puisque ses tympans et ceux de la marmaille furent bientôt vrillés par les hurlements déchirants de la sonnerie qui annonçait une alerte incendie...

            « Les misères de la vie enseignent l'art du silence. » SENEQUE

Par Antine@ - Publié dans : Indignations ordinaires - Communauté : A fleur de peau
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