Textes d'auteurs

Jeudi 30 juillet 4 30 /07 /Juil 08:00
Dans l'immense patrimoine littéraire et musical à notre disposition, il est des pépites, des bijoux qu'on a envie de ressortir de leur écrin pour simplement les montrer et faire partager leur beauté...

C'est le cas ce matin avec ce magnifique poème d'Antoine Pol pour lequel Brassens a composé une mélodie mélancolique qui met en valeur le texte. La diction exemplaire de Brassens permet aussi de sentir à quel point chaque vers est ciselé avec précision pour dire cette sensation étrange que l'on éprouve parfois devant certaines Passantes...

Le texte original comporte deux strophes que Brassens ne chante pas ; elles sont en italiques dans le texte.

Je veux dédier ce poème
A toutes les femmes qu'on aime
Pendant quelques instants secrets
A celles qu'on connaît à peine
Qu'un destin différent entraîne
Et qu'on ne retrouve jamais

 


 

A celle qu'on voit apparaître
Une seconde à sa fenêtre
Et qui, preste, s'évanouit
Mais dont la svelte silhouette
Est si gracieuse et fluette
Qu'on en demeure épanoui

 


 

A la compagne de voyage
Dont les yeux, charmant paysage
Font paraître court le chemin
Qu'on est seul, peut-être, à comprendre
Et qu'on laisse pourtant descendre
Sans avoir effleuré sa main

 


 

A la fine et souple valseuse
Qui vous sembla triste et nerveuse
Par une nuit de carnaval
Qui voulut rester inconnue
Et qui n'est jamais revenue
Tournoyer dans un autre bal

 


 

A celles qui sont déjà prises
Et qui, vivant des heures grises
Près d'un être trop différent
Vous ont, inutile folie,
Laissé voir la mélancolie
D'un avenir désespérant

 


 

A ces timides amoureuses
Qui restèrent silencieuses
Et portent encor votre deuil
A celles qui s'en sont allées
Loin de vous, tristes esseulées
Victimes d'un stupide orgueil.

 


 

Chères images aperçues
Espérances d'un jour déçues
Vous serez dans l'oubli demain
Pour peu que le bonheur survienne
Il est rare qu'on se souvienne
Des épisodes du chemin

 


 

Mais si l'on a manqué sa vie
On songe avec un peu d'envie
A tous ces bonheurs entrevus
Aux baisers qu'on n'osa pas prendre
Aux cœurs qui doivent vous attendre
Aux yeux qu'on n'a jamais revus

 


 

Alors, aux soirs de lassitude
Tout en peuplant sa solitude
Des fantômes du souvenir
On pleure les lèvres absentes
De toutes ces belles passantes
Que l'on n'a pas su retenir

 

 

Par Antine@ - Publié dans : Textes d'auteurs - Communauté : des maux pour le dire
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Jeudi 23 juillet 4 23 /07 /Juil 07:37

Les adultes croient souvent  que les contes sont réservés aux enfants, que ce sont des histoires à dormir debout bonnes à faire rêver les enfants... Les adultes se croient sérieux... Pour avoir longuement étudié les contes, je sais qu'il en est tout autrement et je voudrais ce matin vous proposer une histoire apparemment simple qui, comme souvent, est pleine de sagesse.

A un moment où les dirigeants de ce monde jouent à la roulette russe avec l'avenir de la planète, où l'on s'octroie des "permis de polluer" sans se soucier des générations futures, l'histoire de ce vieillard me paraît intéressante.


 

    Un roi chevauchait la plus fougueuse de ses montures lorsqu'il rencontra sur le bord du chemin un vieillard courbé qui plantait des arbres fruitiers. II arrêta son cheval et l'observa.

    «Tes cheveux, lui dit-il, sont blancs comme le lait. Il ne te reste pas longtemps à vivre et je m'étonne que tu plantes encore des arbres dont tu ne verras jamais les fruits.»

    Surpris par une telle remarque, le vieillard regarda longuement le roi avant de se décider à parler.

    «Mes ancêtres, finit-il par répondre, ont planté des arbres afin que je puisse en récolter les fruits. C'est la raison pour laquelle j'en plante à mon tour pour ceux qui me succèderont. Ton père fit de même puisqu'il s'attacha à la mise en valeur du pays jusqu'à sa mort. En poursuivant son oeuvre, depuis que tu es sur le trône, tu ne fais, comme moi, que préparer l'avenir.»

    La réponse plut au roi. Il sourit, plongea la main dans sa poche et en tira une poignée de pièces d'or qu'il tendit au vieillard.

    «Prends-les, lui dit-il, elles sont à toi.

    - Mon travail n'aura pas été vain, s'exclama le vieillard en les acceptant, puisque j'en tire immédiatement profit. Mes arbres ont rapidement produit leurs fruits.»

    Le roi apprécia beaucoup ces mots pleins de sagesse et il offrit alors au vieillard des terres et de quoi les irriguer.

Par Antine@ - Publié dans : Textes d'auteurs - Communauté : A fleur de peau
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Lundi 20 juillet 1 20 /07 /Juil 05:18
J'ai voulu ce matin vous faire partager ce texte de Gilles SERVAT qui me paraît particulièrement intéressant dans le contexte actuel... C'est, je crois, une des caractéristiques des grands textes de voir qu'ils étaient "visionnaires" au moment où ils ont été écrits...



En ce temps il était possible
D'aller dans la rue sans son flingue
Car il n'y avait que les dingues
Qui prenaient les passants pour cible

C'était encore peu répandu
Quand on descendait à sa cave
De trouver vingt surhommes très braves
En train d'violer une inconnue

On pouvait circuler en ville
Sans peur, sans fouille systématique
Sans recevoir des coups de trique
De la part d'un vigile viril

Refrain
Je garde en moi le souvenir
En ce moi de mai 2010
De ces années soixante-dix
Où l'on sentait tout ça venir

Le couvre-feu n'existait pas
Les lumières brillaient dans la nuit
On sortait bien après minuit
Car l'énergie nous manquait pas

Y avait encore des rossignols
Qui chantaient par les nuits d'été
J'avais pas d'masque sur le nez
L'oiseau tombait pas en plein vol

Il existait des grands chemins
Que les bandits fréquentaient guère
Aujourd'hui on croirait la guerre
Les embuscades au petit matin

Refrain

On avait encore une adresse
Pas de loisirs obligatoires
Pas de télé obligatoire
Et pas de matricule aux fesses

On pouvait prendre pour confesseur
Sa femme, son enfant, sa sœur
Sans être sûr d'ouvrir son cœur
Au ministère de l'Intérieur

Et même se regarder en face
Sans s'demander si c'est un flic
Si c'est soi-même ou un indic
Dont on voit les yeux dans la glace

Refrain

Il restait les derniers pavés
Il n'y avait que les maisons
Les trains, les cars et les avions
Qui avaient l'air conditionné

On avait encore le droit d'grêve
Et le cerveau en liberté
Machin avait pas inventé
La machine à lire les rêves

Avant qu'le siècle ne s'achève
Nous avons vaincu le cancer
Mais on ne meurt pas moins qu'hier
Les suicides ont pris la relève

Je garde en moi le souvenir
En ce moi de mai 2010
De ces années soixante-dix
Où l'on sentait tout ça venir
Par Antine@ - Publié dans : Textes d'auteurs - Communauté : A fleur de peau
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Mardi 7 juillet 2 07 /07 /Juil 06:01

Ce premier texte, choisi pour inaugurer la nouvelle rubriques TEXTES D'AUTEURS, me paraît important d'une part pour l'engagement dans la défense d'une langue régionale et, d'autre part, parce qu'il évoque de manière claire ce qu'est le sentiment d'appartenance à une région, même si on n'y est pas né.


Le breton est-il ma langue maternelle ?
Non ! Je suis né à Nantes où on n'le parle pas.
Suis-je même breton ???... Vraiment, je le crois...
Mais de pur race !!!... Qu'en sais-je et qu'importe ?
Séparatiste ? Autonomiste ? Régionaliste ?
Oui et non... Différent...
Mais alors, vous n'comprenez plus :
Qu'app'lons-nous être breton,
Et d'abord, pourquoi l'être ?

Français d'état civil, je suis nommé français,
J'assume à chaque instant ma situation de français.
Mon appartenance à la Bretagne
N'est en revanche qu'une qualité facultative
Que je peux parfaitement renier ou méconnaître...

Je l'ai d'ailleurs fait...
J'ai longtemps ignoré que j'étais breton...
Français sans problème,
Il me faut donc vivre la Bretagne en surplus
Et pour mieux dire en conscience...
Si je perds cette conscience,
La Bretagne cesse d'être en moi.
Si tous les bretons la perdent,
Elle cesse absolument d'être...

La Bretagne n'a pas de papiers,
Elle n'existe que si à chaque génération
Des hommes se reconnaissent bretons...

A cette heure, des enfants naissent en Bretagne...
Seront-ils bretons ? Nul ne le sait...
A chacun, l'âge venu, la découverte... ou l'ignorance



Par Antine@ - Publié dans : Textes d'auteurs - Communauté : L'âme du poète
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