L'errance

Publié le par Antine@


Comme une supplique éthérée au vent froid des gerçures

Quand le ciel d'hiver étalonnait au couteau mes chagrins,

Je lançais sur la ronde des heures l'écho de mes brûlures

En de vains mots avortés au seuil glauque des lendemains.


Je puisais dans les méandres sirupeux des années d'errance

Les longs sanglots mélancoliques d'une immobilité consentie,

Comme un junkie qui s'éloigne des rivages de la délivrance

En se vidant dans le bras ce qui lui ouvre les portes de la nuit.


Je me vidais de larmes amères, sillons de sang sur mes jours,

Qui inondaient les haillons diaphanes de ma pauvre raison,

Et je cherchais, à tâtons, sur la ronde infernale des saisons,

L'écho improbable, le reflet interdit de cet impossible amour.


J'archivais dans les corridors verticaux des nuits vagabondes

Les stigmates béants de mes cris d'agonie, en relisant encore

Ces mots que tu tissais, sans le savoir, à l'envers de mon décor

Et qui, ce soir, transfigurent mon ciel que ton sourire inonde.

Publicité

Publié dans Poésies

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
L
Je crois que même cette errance avait un chemin à construire, celui où nous nous sommes retrouvés. Car j'écrivais au travers de mes mots les mêmes espoirs que tu tissais.
Répondre