En t'attendant...
Une pluie fine maquille de larmes la porte des songes
Comme une dentelle de tristesse, un voile de remords ;
A corps perdu, j'arrache les ombres à l'envers du décor
De ma vie marquée au fer par des années de mensonges.
Dans mes veines oxydées du poison des faux-semblants
Coule l'encre noire des mots qui, attendant l'expulsion,
Ternissent encore la plage de mes profondes aspirations
D'un douloureux magma d'incertitude, putride et gluant.
Ma gorge saigne, la nuit venue, des mélopées de douleur
Pour toutes ces heures gaspillées aux allées vénéneuses
Des paysages factices, des miroirs assassins et menteurs,
Qui emprisonnaient mon cœur de leurs cendres boueuses.
Dans ma mémoire, fracassée aux angles vifs des solitudes,
Traînent encore les lambeaux blêmes des fantômes d'hier
Qui vont hurlant, tordus sous les assauts de la décrépitude,
Comme les bras d'un supplicié sous les mâchoires des fers.
Mes doigts tremblent, esquissant les contours du bonheur,
Sur cette fenêtre embuée de larmes où je guette ton retour,
Fiévreux, dessinant ton prénom pour que passent les heures,
En espérant ton sourire, tes mots pour que vive notre amour.