Ce soir-là
De longs riffs électriques d'une guitare écorchée
Déchirent les mots encrés aux murs des habitudes
Et dans mes yeux, de cendres brûlantes maquillés,
Perlent les larmes de sang de mes nuits solitudes...
Je sors de l'infernal chaos de mes vies antérieures,
De ces couloirs aux arêtes vives comme des lames
Où j'ai longtemps écorché mon cœur et mon âme,
En n'ayant pas le courage de fuir de faux bonheurs...
En longues cicatrices brunes, me collent à la peau
Les stigmates douloureux de ces années d'errance,
Comme une seconde nature quand, vêtu de méfiance,
Je n'ose croire que pour moi un ciel peut être beau...
C'est les yeux lourds de tous ces chagrins archivés
Que j'ai, au seuil du tien, posé mon cœur abandonné,
Un soir d'agonie ténébreuse et de profonde détresse,
Car je connaissais depuis bien longtemps ta tristesse...
De ce pauvre geste désespéré, je n'espérais nul retour,
Convaincu que mes mots étaient des feuilles mortes,
Et ce soir je sais que les mots que le vent m'apporte
Sont ceux de ton cœur qui espérait être aimé à son tour...
Alors, quand sur nous la nuit pose son ombre complice,
Aux heures fragiles et chaudes des caresses en devenir,
Tu m'apprends à lire, sur la partition mauve de tes désirs,
Un concerto inattendu avant que les ombres ne pâlissent.