Regard
Ce flot de larmes qui de mes yeux s'en va
Comme un ruisseau lacérant mon visage ;
Ce cœur qui pour toi maintenant vit et bat
Comme ta vague désaltérant mes rivages,
Personne ne les voit,
Mais tu les connais, Toi...
Ces idées noires qui me prennent par le cœur
Comme une invitation à l'hôtel du désespoir ;
Ces sommeils fracturés à la ronde des heures
Comme un cri qui briserait tous les miroirs,
Personne ne les voit,
Mais tu les connais, Toi...
Cette douleur lancinante de la froide absence
Comme une lame acérée qui fouille mon être ;
Cette couleur irisée d'opaline de mes silences
Comme une aube fine posée là, sur ta fenêtre,
Personne ne les voit,
Mais tu les connais, Toi...
Ces mots noués qui pourtant renaissent ce soir
Comme des cris lancés au-delà des hauts murs ;
Cette douleur de retomber et de ne plus croire
Comme une plaie béante, une longue déchirure,
Personne ne les voit,
Mais tu les connais, Toi...
Ces regards mouillés d'émoi épousant les étoiles
Comme les préludes d'un désir encore interdit,
Ces nuits de solitude où nous mettons les voiles
Comme un voyage qui nous aurait enfin réunis,
Personne ne les voit,
Mais tu les connais, Toi...