Ecrire
Ecrire
Dans les couloirs aseptisés des indifférences métalliques
Pour y faire fleurir des orchidées mauves en robes du soir ;
Pour poser mes gouttes de chaleur drapées de velours noir
Dans les ruelles désespérantes de vos agonies vocaliques.
Ecrire
Sur les stridences carcérales des cœurs jetés au quai d'oubli
Pour les porter en offrande maudite sur l'autel de la morale ;
Pour se désenchaîner des discours tenus d'un ton doctoral
Sur l'obéissance obligée de ceux que votre pouvoir affaiblit.
Ecrire
Avec les souvenirs hémiplégiques du chaos de ma souffrance
Pour dire une autre vie débarrassée du diktat des bien-pensants ;
Pour croire encore sur les rives de la nuit que c'est en avançant
Avec l'amour au cœur que l'on pourra briser vos intolérances.
Ecrire
Sous les sarcasmes échappés de vos existences cotées en bourse
Pour apprendre l'inestimable valeur du don désintéressé de soi ;
Pour maquiller d'infamie ces mains qui veulent que chacun soit
Sous ce pouvoir imbécile dont vos mégalomanies sont la source.
Ecrire
Comme on déchire sa gorge gercée d'avoir retenu des sanglots
Pour encaisser chaque jour les coups cinglants de l'égoïsme ;
Pour inventer une autre vérité dépouillée des faux héroïsmes
Comme une mise à nu de l'âme narguant vos funestes oripeaux.
Ecrire
Dans les cachots humides sur le mur froid de la désespérance
Pour oublier nos sabliers pervers obsédés du compte à rebours ;
Pour lancer encore une fois un ultime et déchirant cri d'amour
Dans ces lits où vous crèverez demain boursouflés d'intolérance.