Contre jour

Publié le par Antine@


Tu n'es pas là, mais je t'invente, je t'imagine au-delà des réverbères qui font le pied de grue en veillant sur ma nuit. J'aime ces réverbères, posés là comme des ponctuations lumineuses dans les couloirs déserts des villes mais ils ne devraient pas exister. Ces réverbères rassurants sont des injures faites à la nuit et c'est pour ça que nous ne saurons jamais tout d'elle. Elle restera toujours un peu mystère... Et heureusement...


                        Tes yeux sont là

                        Posés dans ma nuit...

                        Je les devine

                        J'y plonge

                        J'y voyage... Longtemps...

                        J'écris dans tes yeux

                        Avec mes larmes

                        Des mots sans suite

                        Des mots pour demain

                        Des mots en robe du soir

                        Des mots miroirs

                        Miroirs des maux...


J'écris à l'envers de moi... A l'envers de toi... Envers et contre tout, à contre temps, sur les pavés de l'oubli, en attendant que la lune viennent tremper son croissant dans l'encre de ce café auquel je me soumets pour renier le temps... Je te cherche encore et toujours dans mes mondes inventés au-delà de l'indigne, dans ces mondes de soufre et de lumière... Dans mes nuits de rêve et d'agonie où ma plume déchire les brouillards de la haine pour passer derrière le miroir...


                        Quête incessante d'un reflet

                        Reflet de tes mots au petit matin

                        Matin matois... Mais toi ?

                        Quête des mots qui t'habilleront...

                        Me cherchant,

                        Je t'ai rencontrée...

                        Etrange altérité qui danse

                        Au bout de ma plume

                        Au bout de mes doigts...


J'ai terminé ma phrase comme on referme une porte... En silence, pour ne pas déranger les ombres qui dorment sous l'œil factice des réverbères qui attendent je jour comme une finalité programmée... J'ai posé sur ta peau fiévreuse une guirlande de mots mouillés de larmes comme une rosée insolite, insolente... Lentement, pour ne pas briser les rêves qui dansent sous tes paupières de satin noir...

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Publié dans Poésies

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L
A contre jour des mots se devinent des reflets de visage... Dans les rideaux de tes paupières je connais un peu les images en filigrane, et cette transparence m'est familière... <br /> C'est ainsi qu'on fabrique l'éternité d'un instant ou d'un souvenir, en la faisant remonter à la surface des rêves éveillés, pour la revivre encore et encore, parfois chavirée dans une marée de larmes, parfois dans l'éclat d'un soleil ou d'un sourire... Les rêves qui dansent sont vivants... <br /> Merci pour ce texte rempli du sel d'une profonde émotion, et dont les gouttes sont venues en appeler d'autres dans le coin de mes yeux..;
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A
<br /> Ce que tu as écrit est magnifique... Partage profond des émotions... C'est intéressant de voir que tu as repris à ta manière cette expression de Ferré qui parle de "la fantastique éternité de<br /> l'instant"...<br /> Tes mots me montrent que non seulement tu as tout compris de ce texte, des circonstances dans lesquelles il est venu mais que - et c'est l'essentiel - tu as tout ressenti...<br /> Je t'embrasse...<br /> <br /> <br />
D
:) decouvert musique chez toi !!<br /> j'aime beaucoup !!!<br /> merci<br /> bise<br /> <br /> didier
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A
<br /> Heureux de t'avoir fait connaître René Aubry... Si tu as l'occasion, regarde les ballets de Carolyn Carlson sur des musiques de René Aubry... C'est SOMPTUEUX...<br /> Merci de ta visite...<br /> <br /> <br />