Apparitions nocturnes
Aux alentours de mes doutes poussent des fleurs fanées, des fleurs crucifiées par l'indifférence et le mépris... Un mode de brume-rêve envahit mes instants secrets et renvoie à d'autres cieux l'écho de mes hasards et l'obsédante musique de quelques nocturnes métaphores. La nuit colore mes doutes de gerçures lorsque mes mains se tendent vers un peut-être déjà évanoui...
Peut-être... Imagination... Chimères...
Nous vivons de peut-être
Et crevons de chimères...
Je doute des couleurs du temps
De la senteur des voyelles
Et du poids des mots
Posés comme des draps trop lourds
Sur mon corps meurtri.
Aux alentours de mes nuits, j'ai croisé des passants inquiétants aux bras lourds de solitude, aux regards hallucinés de silence... Comme les âmes en peine d'un paysage maudit, ils erraient dans la ville, fantomatiques présences désincarnées dont le souffle glacé se posait sur les devantures sans produire la moindre buée...
Peur de ces yeux vides
Sans fond...
Peur de ce voyage en aller simple
Sur les landes du silence...
Peur de ces heures froides
Où le silence est un bourreau...
Aux alentours de mes rêves, j'ai croisé des mandragores en robe du soir qui trinquaient avec l'oubli un soir de désespoir... Etranges images qui vont et viennent comme les vagues incessantes d'une mer amère et déposent chaque nuit sous mes paupières les entrelacs fascinants qui se couchent douloureusement sur ma page...