Mon encre saigne

Mon encre saigne
Dans les longs couloirs froids de mon errance
Où mes cris d'amour deviennent échos déchirés,
Se fracassent aux arêtes acérées des silences
Et vont mourir ce soir par les vents emportés...
Mon encre saigne
Sous le poids des innocences fracassées de mépris
Quand l'argent est devenu une arme en vente libre
Aux étalages des salauds pour qui tout a un prix
Et qui doivent leur place à la taille de leur calibre...
Mon encre saigne
Sur mes mains gercées de cris d'amour inutiles
Quand elles se tendent désespérément sur le vide,
Et mon cœur que trop de silences encore mutilent
Perd ses couleurs, son énergie et devient livide...
Mon encre saigne
Sur le quai des heures vides où la pendule pleure
Des larmes de chagrin qui inondent mes yeux ;
Mes mains se tordent comme un arbre noueux
A vouloir saisir encore l'insaisissable bonheur...