Liberté II

Je t'écris, noircis ma page blanche
Sans parvenir au soulagement
Avec dans les tripes un farouche besoin de crier
De rappeler ton nom à ceux qui t'ont mutilée :
A ce pape aux discours aveuglés
De certitudes fossiles
A ce prof qui croit détenir la vérité
Drapé dans son savoir
Au beauf macho qui impose sa virilité
Par les baffes et l'insulte
A toutes ces nonnes encore frustrées
Par les tabous sacrés
Au PDG qui s'engraisse chaque année
De mépris et de stock-options
Je ne suis d'aucun parti, d'aucune idéologie
Si ce n'est celle du cœur
Tu ne vivras que si les hommes te font l'amour
Avec leurs mots, leur musiques
Je sais des hymnes nationaux
Où tu fleuris sur des ruisseaux de sang impur
Il est d'autres combats
Que l'on fait sans fusil
Ils font moins de bruit
Mais donnent plus de fruits
Il faut te crier
Pour ceux qui ne peuvent pas
Ne peuvent plus
Il faut hurler ton nom par dessus les barbelés
Même si ma gorge se déchire
Il en restera toujours
Un écho
Dans tes yeux
Toi qui a lu