Le mépris

Sur les épaules des ouvriers apprenant qu'ils sont virés
De la bouche des patrons qui ne pensent qu'aux profits,
Qui prospèrent en s'asseyant sur de la sueur bon marché
J'ai vu s'abattre le poids intolérable d'un profond mépris.
Dans les regards hallucinés de panique des sinistrés d'Italie
Tentant de survivre devant les ruines de leurs vies dévastées,
En entendant la cruelle ironie d'un premier ministre gominé
J'ai vu se dessiner le sourire abject du plus sordide mépris.
Sous les voiles prisons par de mâles lois imbéciles imposées
Aux femmes soumises dont les droits essentiels sont anéantis,
Qui pleurent en cachette derrière leurs grilles de tissu bleuté
Je devine les cicatrices douloureuses d'un intégriste mépris.
Dans l'étalage indécent de ces richesses acquises à quel prix
Si ce n'est celui de la honte planquée sur des visages maquillés,
A la une d'une presse qui prend les lecteurs pour des demeurés
Je lis aux devantures les échos gluants d'un quotidien mépris.