Le berger des voyelles

Je sais des silences profonds a creux de tes yeux
Comme des caresses d'essentiel ;
Posés au mitant de mon ciel
Je sais des instants de lumière étrange et de feu.
Le berger des voyelles s'en est allé,
Au détour d'un sentier a disparu,
Emportant un coin de ciel gris.
Le berger des voyelles s'est échappé
A la ponte d'un geste retenu
Pour un matin où tu m'as souri.
Je crois maintenant au langage du silence
A la musique secrète du vent
Sur la portée de nos instants...
Je crois maintenant à l'espoir qui danse.
Sur les prairies mauves de mes nuits étoilées
Je suivais tes pas sans le savoir...
Image fugitive et douce à jamais installée
Au creux de mon secret miroir...
Pour un oiseau égaré à l'envers du décor
Je t'emmènerai sur mes intimes chemins ;
Ne crains pas de me tendre la main
Puisque veille le berger de nos aurores.
Je sais à présent des chemins secrets aux secrètes saisons
Pavés des mots de nos minuits lumières ;
Pour que vivent enfin nos désirs d'hier,
Je te dirai le bonheur conquis aux conquêtes de la raison.
Comme dansent les ombres au creux de ma tête
Quand le ciel parfois pèse sur nos horizons,
J'étais le vagabond des anciennes saisons
L'étranger qui passe et se perd au cœur de la fête.
Comme chantent à présent mes mains tendues
Quand tu me reviens au seuil du jour,
Je suis encore l'accueil de tes retours
Le vent ivre de tendresse trop longtemps retenue.
Comme dorment les fleurs quand vient le soir,
Et comme vivent les secrets ruisseaux,
Je serai l'accueil ouvert à ton repos,
La plage de silence, écrin chaud de ton espoir.