A vous lecteurs...

Des mots venus pour vous et qui parfois se meurent
Parce que je n'ai pas su les écrire, pas su les agencer...
Ils sont ces bouquets égarés au cadran de vos heures
Et vont se flétrir d'indifférence sous vos yeux étonnés...
Ces mots sont restés en souffrance au parvis de vos yeux
Comme des fleurs mal choisies aux couleurs trop pâles
Et je m'en veux cette nuit de n'avoir pas su les dire mieux
Et mon cœur meurtri saigne sous la tristesse qui le voile.
J'aurais aimé que vous y découvriez les fragiles éclats
De ce cœur qui vous murmure chaque jour, chaque nuit
Que la petite flamme secrète qui tout au fond de vous luit,
Est bien celle d'un partage inattendu venu d'outre là-bas.
Vous lecteurs qui sur mes nuits posez vos regards velours,
Tout ce que nous partageons par le hasard qui nous a réunis
Tisse entre nous ces fils invisibles qui deviendront un jour
Les étoiles que nous regarderons chaque soir de nos vies.
C'est au secret d'une nuit complice que l'échange a pris corps,
Oser nous parler, étonnés de cette osmose que nous ignorions ;
Puissions-nous garder longtemps encore nos navires à l'unisson
Et que chaque jour ces pages aient la chaleur apaisante d'un port.