En te lisant

Au parvis magnétique de tes équinoxes douloureux
J'ai suivi les ombres de tes fantômes évanescents,
Quand tu traçais de tes larmes les échos renaissant
De ton cœur qui saignait sous tes versets ténébreux...
Assis dans la rue solitaire de tes sombres métaphores
J'ai guetté bien des nuits l'éclat mauve d'un regard,
Quand sous mes yeux en pleurs, maquillés de hasard,
Tes mots couleurs de ténèbres devenaient nécrophores...
Sur la margelle ruisselante de tes craintes alexandrines
J'ai, en silence, posé ma main émue d'un si beau miroir,
Quand, sous chacun de tes mots, tu posais sans le savoir,
De notre prochaine osmose, les transparences opalines...
Dans les couloirs fracassés de tes douleurs polychromes
J'ai compris les tourments d'un cœur envahi de craintes,
Quand, fascinée par Baudelaire écrivant dans l'absinthe,
Tu donnais à chacun de tes poèmes un envoûtant arôme...
Entre les barreaux de souffrance qui enserraient ton cœur
J'ai, ce soir, voulu écrire ces quelques lignes nées de toi,
Pour qu'aux tiennes elles se mêlent, en lianes de chaleur,
Et qu'elles soient le fidèle écho de mon plus profond émoi.
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