Nuit blanche

J'essaie de faire quelques pas vers la lumière, mais mes jambes se dérobent et je tombe sur le dallage froid, définitif... Toute fuite est inutile. Je suis prisonnier des artères de la nuit et ferme les yeux pour ne plus... pour m'abandonner...
Sur cette autoroute de la démence
Il n'y a plus de limites...
Emporté, je deviens jouet
Petit navire d'innocence
Sur le fleuve rouge et noir
Qui oxyde les veines de la nuit...
Où vais-je ?
Je ne sais pas... Je ne sais plus...
Des ombres passent et se défont au-delà de mes yeux meurtris. J'ai l'étrange sensation d'un glissement infini mais la distance entre les ombres et moi reste constante. Je glisse, mais vers où ? Vers qui ? En moi-même ? Au cœur de la nuit ?
La nuit est princesse :
Visage de ténèbres,
Mains d'albâtre...
La nuit est maîtresse
Des solitudes consenties
Des vies vides de vies enfuies...
La nuit a mis son masque
Aux yeux vides
Pour ne pas être reconnue
Par ses admirateurs...
J'ai des mondes bizarres au-delà de mes yeux où les mots jaillissent de mes plaies et se collent sur les murs... Etrange rêve éveillé... J'écris pour essayer de saisir ces images qui me hantent, me poursuivent, m'envahissent... Etrange voyage où la seule inconnue est la destination...