Litanies pour l'an 2000 - Gilles SERVAT

Publié le par Antine@

J'ai voulu ce matin vous faire partager ce texte de Gilles SERVAT qui me paraît particulièrement intéressant dans le contexte actuel... C'est, je crois, une des caractéristiques des grands textes de voir qu'ils étaient "visionnaires" au moment où ils ont été écrits...



En ce temps il était possible
D'aller dans la rue sans son flingue
Car il n'y avait que les dingues
Qui prenaient les passants pour cible

C'était encore peu répandu
Quand on descendait à sa cave
De trouver vingt surhommes très braves
En train d'violer une inconnue

On pouvait circuler en ville
Sans peur, sans fouille systématique
Sans recevoir des coups de trique
De la part d'un vigile viril

Refrain
Je garde en moi le souvenir
En ce moi de mai 2010
De ces années soixante-dix
Où l'on sentait tout ça venir

Le couvre-feu n'existait pas
Les lumières brillaient dans la nuit
On sortait bien après minuit
Car l'énergie nous manquait pas

Y avait encore des rossignols
Qui chantaient par les nuits d'été
J'avais pas d'masque sur le nez
L'oiseau tombait pas en plein vol

Il existait des grands chemins
Que les bandits fréquentaient guère
Aujourd'hui on croirait la guerre
Les embuscades au petit matin

Refrain

On avait encore une adresse
Pas de loisirs obligatoires
Pas de télé obligatoire
Et pas de matricule aux fesses

On pouvait prendre pour confesseur
Sa femme, son enfant, sa sœur
Sans être sûr d'ouvrir son cœur
Au ministère de l'Intérieur

Et même se regarder en face
Sans s'demander si c'est un flic
Si c'est soi-même ou un indic
Dont on voit les yeux dans la glace

Refrain

Il restait les derniers pavés
Il n'y avait que les maisons
Les trains, les cars et les avions
Qui avaient l'air conditionné

On avait encore le droit d'grêve
Et le cerveau en liberté
Machin avait pas inventé
La machine à lire les rêves

Avant qu'le siècle ne s'achève
Nous avons vaincu le cancer
Mais on ne meurt pas moins qu'hier
Les suicides ont pris la relève

Je garde en moi le souvenir
En ce moi de mai 2010
De ces années soixante-dix
Où l'on sentait tout ça venir
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Publié dans Textes d'auteurs

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N
Impressionnant, de quand date cette chanson ? Bonne soirée, bises
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A
<br /> Je ne peux te répondre avec précision mais cette chanson a, cela est sûr, plus de 10 ans... Son côté visionnaire t'a émue et je n'en suis pas surpris...<br /> Merci de ta visite et de ce partage...<br /> Belle soirée à toi...<br /> Bisous<br /> <br /> <br />
M
Bonsoir AntineJe ne connaissais pas ce texte, je le découvre et je suis devant en essayant d'y mettre une mélodie.Les mots sonnent la réalité, très proches de la vérité, le refrain en dit long ; quand aux trois dernières strophes de la chanson c'est le moment le plus cinglant, le plus fort de toute cette mélodie de mots s'emboitant devant un siècle qui devient de plus en plus violent et cruel, où tant de haines aigrissent, et tant de profits embellissent une société qui s'enrichie sur les gens de société petite et moyenne. Où va-t-on?Dans un grand mur si cela continue...Merci pour ce partage AntineBonne soirée à toiJe t embrasse...
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A
<br /> En choisissant ce texte j'espérais que chacun serait sensible à la brûlante actualité de ce texte... C'est impressionnant de voir à quel point il avait rasion en écrivant cela...<br /> Je suis d'accord avec toi, on est dans une course folle et suicidaire car tous ceux qui refusent de marcher avec le troupeau ne sont pas entendus...<br /> C'est inquiétant pour les générations futures.<br /> La prise de conscience aura-t-elle lieu ? Sincèrement, je ne suis guère optimiste...<br /> Merci d'être venue partager ce moment d'inidignation...<br /> Bisous<br /> <br /> <br />
L
Merci de ce partage.. de cette vérité criante.. mais sommes-nous "condamnés" à vivre dans cette société en perdition ? Non, nous avons le choix de relever la tête, nous avons le choix de nous battre pour un monde de justice de paix et d'amour.."Quand on n'a que l'amourA offrir à ceux-làDont l'unique combatEst de chercher le jourQuand on n'a que l'amourPour tracer un cheminEt forcer le destinA chaque carrefourQuand on n'a que l'amourPour parler aux canonsEt rien qu'une chansonPour convaincre un tambourAlors sans avoir rienQue la force d'aimerNous aurons dans nos mains,Le monde entier"BrelJe t'embrasse..
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A
<br /> Oui il fallait les mots de Brel pour dire qu'on a un autre choix que celui de suivre bêtement le troupeau...<br /> C'est en étant lucide et altruiste qu'on pourra espérer changer les choses... Alors oui, il faut parler encore, écrire, crier si nécessaire pour dire que la voie choisie actuellement qui est celle<br /> du profit à tout pris nous conduit droit dans le mur...<br /> Merci de cet écho émouvant et juste...<br /> Je t'embrasse<br /> <br /> <br />
L
Effectivement très visionnaire mais pas étonnant tellement il ressent les "choses" avec ses tripes - Fille de cheminot, j'ai vecu lgtps à Trappes au milieu de bcp de Bretons, moi la Normande  ... c'est un peuple (je dis peuple volontairement) aux sentiments particuliers bien exprimés dans les chansons de Servat  j'aime :  Montparnasse Blues (pour l'avoir vécu) Blanche et bleue - l'hirondelle et bien d'autres ...  merci d'avoir remué ces souvenirs - pour moi c'est le Léo Ferré breton !bisous
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S
Gilles Servat ... toujours passion, révolte et poésie, depuis la Blanche Hermine.merci à vous, je vais réécouter mes CD tout de suite, ils sont là, tout près ...
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